Le service client est mort, le respect aussi

Au Maroc, il ne suffit pas de consommer. Il faut le faire avec beaucoup de reconnaissance et de gratitude. Ce n’est pas à l’offre de s’adapter mais au demandeur de le faire. D’un côté, c’est bien logique car l’offreur n’a rien demandé si ce n’est d’être payé, rapidement, sans prise de tête ni d’exigences et encore moins d’attentes. La notion de service au Maroc reprend l’histoire tant connue des chauffeurs de taxi casablancais, l’étend pour en faire une règle. Le service client au Maroc est un leurre, où le respect se conjugue au passé ou à l’impératif.

J’ai toujours été intriguée par cette notion de services. Quand est ce que s’arrêtait le travail de l’un et commençait à offenser l’autre ?

Chez le boulanger :

Chez le boulanger ou le boucher par exemple, à moins qu’il n y ait un service de gestion file d’attente, il est difficile de passer à son tour. Il y a bien entendu des cas de favoritisme, mais généralement le manque de civisme et d’éducation de certains, mais aussi certainement de narcissisme et d’égocentrisme, poussent certaines personnes à ignorer votre existence et passer avant vous. Techniquement, ils ne vous prennent pas votre tour, vous n’êtes pas là pour eux. Au mieux, ils vous remarquent et concluent que vous pouvez attendre, qu’ils ont la priorité.

Dans la rue ou sur un parking :

Les gardiens de voitures, qui devraient à mon avis être classés au même niveau des chauffeurs de taxi, se prennent pour des caïds quand ils imposent leurs tarifs. Mais ils vous renient quand votre voiture est scratchée.

Sur Internet :

Les quelques sites e-commerce plus ou moins décents enflent leurs prix comme des vendeurs d’antiquité en plein milieu de la place Jamaâ El Fna, sur Marrakech. Quand ils font des soldes, ils supposent que le consommateur n’avait jamais rien acheté auparavant et qu’il n’a aucune idée des prix avant les fameux « soldes ». Les vendeuses Facebook sont victimes de leur propre succès. Elles haussent les prix à leur guise et certaines sont capricieuses et ont même des fans club.

 

Dans un resto :

Dans un restaurant ou au café, certains serveurs ont probablement l’impression de servir dans les restos du cœur. Sans qu’ils aient choisi de faire du bénévolat, ni qu’ils en aient envie. En cas de livraison, le livreur s’impatiente le temps que vous ayez compris de lui laisser un pourboire. Et ce bien qu’on aie payé les frais de livraison séparément ou qu’ils soient inclus.

 

Je peux comprendre le principe du pourboire. D’ailleurs, je n’ai rien contre les pourboires. Je trouve qu’il est bien voire essentiel de s’entraider. Mais, ce qui me dérange c’est la non réciprocité de cette entraide.
Certains détestent ceux qui achètent ou consomment beaucoup (trop de travail) et ceux qui achètent ou consomme que peu (du travail pour rien). D’autres sont simplement sous ou mal payés. Mais ce qu’ils semblent oublier c’est que tout le monde travaille pour vivre et tout le monde est consommateurs. On vit quotidiennement dans le stress. La vie est déjà compliquée en soi. Et si c’est au consommateur de s’armer de patience et de beaucoup de volonté pour un simple service, il faut se rappeler que l’on est tous consommateurs. Chacun à son tour.

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