Hoba Hoba Spirit ou le groupe qui parle aux marocains

Sur Facebook, Telquel a partagé un post sponsorisé par Nivea Men. Ayant pour intitulé «  Découvrez en vidéo le groupe qui fait le plus transpirer les Marocains », le post mettait en avant le groupe marocain Gnaoua Rock ‘Hoba Hoba Spirit’. Si plusieurs avançaient ne pas connaître le groupe, ils semblaient néanmoins savoir qui est son leader (Reda Allali – chroniqueur à Telquel). Bien que Telquel nous ait habitué à ses titres déroutants et articles aussi altruistes que son nombril, cette publication avait tout de légitime.

En effet, il était bien spécifié que le post était sponsorisé. La source était citée avec comme seul commentaire le titre de la vidéo. Pour une fois, Telquel était bien objectif. Mais ce n’est pas pour autant que les commentaires étaient moins haineux que d’habitude. J’étais outrée voire sidérée de voir les commentaires de certains. Depuis quand Hoba Hoba est un groupe méconnu des marocains ? Depuis quand est-il aussi détesté ? Je ne sais honnêtement pas si Nivea Men a raté sa cible ou si c’est simplement la communauté de Telquel qui est ainsi faite.
Mais une chose est sûre, il est étrange de ne pas connaître une bande par son nom mais d’identifier directement son leader. Il est également étrange de détester la bande du chroniqueur de Telquel, parce qu’on n’adhère pas justement à Telquel. Les goûts ne se discutent pas mais là ça se transforme en négativité pure et simple. Mon oncle répète toujours : 

La critique est aisée, mais l’art est difficile.

Critiquer pour critiquer est devenu un art marocain. On n’aime pas ceux qui font quelque chose, d’ailleurs on n’aime pas non plus ceux qui ne font rien. On croit payer les acteurs du web (médias, youtubeurs, bloggeurs, chroniqueurs, community managers… etc.) par nos propres moyens. On croit qu’ils nous sont redevables pour nos clics, qu’ils ne sont rien sans nous. On va regarder leurs vidéos ou lire leurs articles en boucle, chassant l’ennui ou cherchant une motivation quelconque. Mais on les blâme pour chaque sou qu’ils empochent sans nous ! Après tout, c’est grâce à nous qu’ils sont connus…

Pour revenir à la publication, je pense qu’on est d’accord que le titre choisi, et je précise, par Nivea Men, manquait de finesse. Mais après tout, c’est leur campagne pas la nôtre. On a la liberté d’exprimer nos opinions, notre mécontentement et même de blasphémer et de laisser des critiques peu constructives. Mais, c’est aussi de mon droit de profiter de ma liberté d’expression pour dire à quel point Hoba Hoba Spirit est génial !

J’ai grandi en écoutant du Hoba Hoba Spirit et leurs paroles me grandissent jusqu’à aujourd’hui. Mon premier concert était Hoba Hoba Spirit. Le dernier aussi, l’an dernier, au Festival Gnaoua et des musiques du Monde à Essaouira. Et justement à leur concert au Festival Gnaoua, j’extasiais sur place. Avec mon air de petite hijabi sage, je me débattais aussi bien que mal avec moi-même pour ne pas montrer ma joie et excitation. Je connaissais les paroles par coeur. Et bien que je restais calme en image, mon moi s’agitait dans tous les sens. Mon chakra était aussi vif que jamais et dansait dans tous les sens, sans que mon corps ait à bouger du doigt. Mes yeux brillaient, non à l’éclat des lumières mais à la beauté de leurs performances. Leur mélange du rock et du gnaoua en fait un genre unique et une mélodie aphrodisiaque. Hoba Hoba a beau ne pas avoir de sens mais leur Spirit, lui, ne peut qu’interpeller.

Il faut dire que le groupe est harmonieux et ses membres tous talentueux. D’ailleurs, il n y a pas que Reda Allali, leader de Hoba Hoba Spirit, qui chante mais aussi Othmane Hmimar, qui joue de la percussion.  Quant à Reda Allali aka Zakaria Boualem, le beni guersif, il est d’une légerté et d’un humour sans semblable. Sa plume est simple et efficace. Il dit tout haut ce que je pense tout bas. Bon, après je ne dis pas que je suis aussi géniale, mais un auteur est génial quand il nous arrache les mots avant même quand les pense. C’est le seul chroniqueur au Maroc qu’il m’est paisible de lire et relire. Ce que je lui reprocherai c’est peut être de ne pas assez être présent, en politique notamment. La jeunesse marocaine a besoin de ses idéologies, de ses formulations et jeux de mots mais aussi de sa ferveur et passion.

 

Sinon, en termes de publicité, je crois qu’on a tous vu mieux.

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